Le compost, de la terre à la terre : mes (més)aventures !

Composter c’est le Graal pour la personne souhaitant réduire ses déchets, et même mieux : les valoriser. En effet, les déchets organiques si on n’y pense ne devraient pas être considérés comme des déchets dans la mesure où ils sont une richesse pour la terre et constituent même l’alimentation de certains animaux. Quand ce n’est pas la nôtre, qui pouvons d’ailleurs utiliser dans nos recettes ces épluchures. Composter en soi ce n’est pas difficile, mais quand on est citadin, c’est une autre histoire ! Voici la chronique de mes aventures en la matière, ou devrais-je dire, mésaventures…

La genèse

Nous sommes devenus des inconditionnels du vrac ! De ce fait, nous avons réussi à réduire une partie de nos déchets. Mais quand on observait notre poubelle de déchets non recyclables, nous réalisions qu’elle contenait une grande quantité d’un type de déchets : les déchets organiques (épluchures de fruits et légumes, noyaux, etc.). C’est donc à ce moment que l’envie de composter m’est venue !

Les tentatives parisiennes

Nous habitions Paris dans un appartement sans extérieur et je pensais bien que composter allait être plus compliqué qu’à la campagne mais ma détermination m’accompagnait sur ce chemin !

Composteur collectif dans l’immeuble ou lombricomposteur dans la cuisine ?

J’ai contacté la mairie de notre arrondissement pour leur demander la liste des composteurs collectifs. Leur réponse fut rapide et sans appel : il n’y avait avait que 4 sites de compostage collectif dans l’arrondissement, dans des immeubles d’habitation (donc pas vraiment accessibles aux non-résidents) et la mairie n’en ouvrirait plus dans les squares car cela attire les rats.

Ils ont cependant proposé deux supers options mais qui n’ont pas trouvé preneur chez nous : la mairie donnait des lombricomposteurs pour les foyers en réclamant (mais j’avoue ne pas être attirée par cette solution de vers goulus, bien que j’entende que les vers restent dans le compost et ne se dispersent pas dans ta cuisine !) ou alors on pouvait porter le projet de mettre en place un composteur collectif dans notre immeuble (mais je ne me suis pas sentie l’âme de leader pour mettre en place un tel projet). On ne mets donc rien en place. Quelques semaines passent…

Composteur collectif dans un square

Un jour que je me baladais dans l’arrondissement voisin, je tombe sur un espace où plusieurs composteurs collectifs était disposés, tenus par une association. Je contacte donc l’association qui répond ne plus avoir de places pour ce site, un grand nombre de foyers alimentant déjà les composteurs. Mais elle me propose un autre site dans le même arrondissement, dans un square. C’est donc avec plaisir que je m’y rends un samedi matin pour m’y inscrire et donner les 5 petits euros pour récupérer le saut à compost.

Au début, je m’y rends toutes les semaines, à pieds, marchant 45 minutes car je veux éviter le métro avec mon compost et souhaite aussi éviter de me fourrer trop dans le métro le weekend.

Dés qu’il commence à faire plus chaud, des petits moucherons survolent notre seau à compost dans la cuisine. Ce n’est pas censé arriver si on le vide souvent, mais le composteur étant finalement loin de chez nous, on ne le vide jamais plus d’une fois par semaine. On suspend donc ce système pendant la saison chaude.

Pour le reprendre quand l’automne revient et finalement au bout d’un moment réaliser que l’effort est trop grand pour nous (trop loin de chez nous) : on abandonne alors. Quelques semaines passent…

Composteur Bokashi à domicile

Je me renseigne sur les alternatives au lombricomposteur à domicile et je tombe sur la solution japonaise du Bokashi : il s’agit d’accumuler ses déchets organiques dans le bac en les tassant à chaque fois qu’on en ajoute et en y versant à chaque fois de l’activateur de compost composé de son, d’eau, de sucre et de micro-organismes (levures, champignons, bactéries).

Au bout de quelques jours, il faut extraire le jus de compost par le petit robinet intégré au bac, à diluer ensuite dans de l’eau qui peut servir à nourrir les plantes ou à verser tel quel dans les canalisations pour l’entretien.

Et au bout de plusieurs semaines, le bac est plein et il faut le laisser « au repos » deux semaines. Puis sortir ces « lasagnes » de compost (car contrairement au lombricomposteur qui donne une sorte de « terre », le Bokashi ne transforme pas réellement la matière, cela reste une accumulation de nos déchets tassés) et les enterrer dans la terre plusieurs semaines pour finaliser le compost. Et c’est là que le problème se pose si on n’a pas d’extérieur ou de plantes d’intérieur avec un très grand pot : on n’a pas pu enterrer nos « lasagnes » de compost pour finaliser le processus ! Quelques semaines passent…

Dépôt « sauvage » dans un jardin partagé

J’ai repéré des bacs à compost dans un tout petit jardin partagé de notre quartier. Mais ils sont derrière les grilles du jardin. Je me rends pendant les heures d’ouverture du jardin à la rencontre des personnes du jardin partagé, leur demandant si je peux régulièrement passer déposer nos déchets organiques. On me répond que oui, et c’est ce que je fais chaque semaine, même si je finis par ne plus jamais réussir à y aller pendant les heures d’ouverture et donc je me vois déposer notre sac de déchets organiques à travers la grille. Je vois d’autres personnes le faire aussi. Jusqu’au jour où des affichettes demandent de ne plus déposer ses déchets organiques, qu’ils n’ont pas assez de bacs pour tout gérer car ils ont déjà les déchets verts du jardin. Normal. Quelques semaines passent…

La solution niçoise

Nous avons quitté Paris et nous voici désormais à Nice. Je contacte rapidement une personne qui cultive des fruits et légumes et possède des poules (qui mangent ces déchets-là, qui ne sont finalement pas des déchets) et qui récupérait les déchets organiques d’une amie qui habitait Nice quelques mois auparavant. Il est d’accord pour prendre aussi les nôtres, on se donne rendez-vous toutes les semaines. Solution simple et idéale pour nous ! Puis les grandes vacances arrivent, et pour des raisons de logistique, il nous propose de suspendre le système le temps des vacances. Quelques semaines passent…

Le renoncement (ponctuel !)

On quitte finalement Nice, on est « sur les routes » plusieurs semaines. On continue le vrac (même sur la route nos sacs à vrac sont avec nous !) mais on abandonne complètement le compost, n’étant plus chez nous.

On retrouve Paris, et un nouveau chez nous. La question du compost se pose à nouveau. Je recontacte la mairie : même réponse.

Entre temps, j’observe que certains arrondissements (2/3 arrondissements) ont mis en place un système de poubelles dédiées aux déchets organiques dans les immeubles. J’imagine que c’est une phase test et croise les doigts pour que ça arrive un jour jusqu’à notre arrondissement (avant qu’on quitte à nouveau Paris !).

Je me suis demandée si j’allais retourner dans l’arrondissement voisin déposer nos déchets organiques dans le fameux square avec des composteurs collectifs tenus par une association… Je me dis d’abord que oui pour finalement me souvenir que cela m’était trop contraignant à l’époque 😦

Zéro déchet = Zéro défaut ?

Alors voila, je ne composte plus mes déchets organiques, n’ayant pas trouvé la solution qui fonctionne bien avec notre mode de vie actuel. Cela me « pèse » un peu quand j’y pense, mais je relativise.

Le zéro déchet, c’est un terme désignant un mode de vie visant à réduire ses déchets, pour épargner un peu notre planète qui a déjà beaucoup trop subi nos comportements irraisonnés et destructeurs. Mais rares sont ceux arrivant à finir l’année avec seulement un petit bocal de déchets non recyclables. Pour ceux-là, chapeau et continuez ainsi, vous nous inspirez tous 🙂 Pour nous autres, passer à l’action c’est déjà le début du changement ! Et poursuivre ces actions c’est contribuer à son niveau, c’est se transformer et transformer aussi la vision des autres, qui peuvent se lancer alors à terme !

Faites donc, faite à votre niveau. J’ai parfois l’impression que c’est comme un jeu vidéo où on débloque des étapes au fur et à mesure : même si on est resté bloqué longtemps à un niveau insurmontable, une fois qu’on a vaincu le « boss » d’un niveau, on est fier et on poursuit en toute confiance.

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Le zéro déchet c’est donc une démarche progressive qui devient au fur et à mesure de plus en plus naturelle. Mais pour ne pas bloquer cette perspective d’évolution, adapter les solutions à son mode de vie est primordial. Dans notre cas, c’est par exemple abandonner l’idée du compost actuellement.

N’hésitez pas à partager vos expériences en la matière ou à donner vos conseils sur le sujet du compost 🙂

2 réflexions sur “Le compost, de la terre à la terre : mes (més)aventures !

  1. Tu as fait beaucoup d’efforts c’est énorme ! Je comprends totalement que ça ne soit pas possible actuellement, nous c’est pareil … en plus à singapour, on doit jeter les poubelles tous les jours obligé, sinon tout pourri en quelques heures :O

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